L'expertise a un prix

Une initiative de la Fédération des médecins spécialistes du Québec

Blogue

Inscrivez-vous à notre bulletin afin
de recevoir nos dernières nouvelles.
Blogue, Médicaments génériques   |   12 COMMENTAIRES  |   vendredi 5 février 2010

Dans le cadre de son programme public d’assurance médicaments, le Québec, comme le reste du Canada, paie trop cher ses médicaments génériques. En suivant les traces des politiques de l’Ontario ou de l’Alberta, le gouvernement du Québec pourrait économiser plus de 300 millions de dollars par année. En devançant, pour une fois, l’ensemble du Canada, il économiserait encore plus.

D’abord quelques faits. Le Québec arrive au deuxième rang du palmarès canadien des dépenses en médicaments. La Nouvelle-Écosse arrive en tête de liste avec des dépenses par habitant de 1030 $. L’Ontario arrive en quatrième place. Au Québec, la dépense se chiffre à 963 $. La moyenne canadienne se situe à 897 $. Le régime public d’assurance médicaments assume 44 % des frais au Québec. 37 % en Ontario.

Les dépenses totales en médicaments sont en progression constante au Québec. En 1985, elle représentait 833 millions de dollars. En 1995, elles se situaient à 2,5 milliards $. En 2005, elles étaient de l’ordre de 5,8 milliards $ et en 2008, la dépense totale atteignait la somme colossale de 7,4 milliards $.  Au Québec, 20,7 % des dépenses en santé servent à acheter des médicaments alors que la moyenne canadienne est estimée à 17,4 %. Chaque point de pourcentage qui sépare le Québec de la moyenne canadienne équivaut à une dépense supplémentaire de 406 millions $.

En Alberta, la politique prévoit réduire de 30 % le prix des médicaments génériques à compter d’avril 2010. En Ontario, la mise en application d’une politique similaire prévoit réaliser des économies de l’ordre 277 millions $.

Croyez-vous que le Québec devrait instaurer une politique visant à payer les médicaments génériques moins cher?

* Le blogue est géré par un administrateur externe. Il se peut donc qu’il y ait un délai entre l’envoi de votre commentaire et sa parution.

12 commentaires

  1. La démarche est déjà en partie entammée… Depuis plus d’un an, un PMP (Prix maximal payable) est imposé à certains produits des compagnies génériques. Il s’agit d’un excédent chargé au patient… Dans certains groupes de produits, il n’existe aucun médicament couvert « normalement », tous les génériques de ce groupe peuvent être soumis au PMP.
    Ainsi, c’est comme si pour votre auto, vous avez eu un accident avec une camionette!! Et bien, ça cause plus de dommage qu’un petit véhicule donc l’assurance charge une franchise plus élevée et vous devez également débourser un pourcentage de la réparation, mais ce n’est pas de votre faute! Il est donc acceptable que la Régie autorise un PPB (plus le plus bas), c’est-à-dire que la Régie paye pour le produit le moins cher et qu’elle paye aussi les autres médicaments disponibles du groupe, mais jusqu’à l’occurence du prix le plus bas… (c’est comme l’exemple de votre véhicule = vous voulez une peinture de plus grande qualité?? ou faire affaire avec un concessionnaire qui charge plus cher, alors votre assureur rembourse le prix du plus bas! (mais pas moins bon…).

    DONC, étant pharmacien, je me pose des questions sur l’incidence d’une telle décision pour le marché des génériques. NOUS sommes déjà surchargés en pharmacie en ce qui concerne les mesures administratives pour expliquer un programme d’assurance gouvernemental trop compliqué.

    De plus, voyant qu’il s’agit d’une initiative du FMSQ, je ne vois aucune mesure pour économiser des sous dans le système de santé directement… C’est qui qui prescrit??? Malgré des mesures d’enseignement sur l’utilisation judicieuse des antibiotiques, IPP, AINS, le nombre d’ordonnance ne cesse de croître, c’est qui qui prescrit?? Je me pose encore la question… La pression est trop forte de la part des patient envers les médecins?

    Au plaisir, et félicitations pour la belle initative… L’expertise a un prix, trop élevé à mon avis, on devrait couper là-dedans!

    par JP | lundi 8 février 2010

  2. @JP LA FMSQ suggère de suivre l’exemple de l’Ontario ou de l’Alberta afin d’économiser passablement d’argent sur l’achat des médicaments génériques. Si d’autres provinces sont en mesure de faire des économies aussi importantes, le Québec peut certainement en faire autant. Les autres aspects que vous soulevez (croissance des ordonnances, trop nombreuses mesures administratives) mériteraient qu’on en débatte sur la place publique.

    par FMSQ | lundi 8 février 2010

  3. Je suis d’accord. Le geste de réduire les coûts ne me fera pas vendre les investissements en actions de cies. pharma.

    par Davidrol | lundi 8 février 2010

  4. Vous pourriez appuyer publiquement la porposition de Québec Solidaire, qui souhaite la «création de Pharma-Québec, un pôle public d’acquisition, de recherche et de production de produits pharmaceutiques dans le but de freiner la croissance des coûts en santé, d’enrichir les capacités scientifiques du Québec et d’innover dans le domaine du médicament ainsi que dans le domaine de la médecine naturelle par la recherche, la distribution et la réglementation». Vous pourriez aussi proposer différentes actions de sensibilisation afin de baisser la surprescription qui entraine la surconsommation …

    par Hélène Morin | mardi 9 février 2010

  5. Et combien d’emplois et de centre de recherche vont fermé au Quebec, pour cette économie de bout de chandelle. Peux-etre une meilleure gestion dans l’ordonnance de medicaments aurait peut-etre la meme economie.

    Dossier informatisé du patient ou le médecin et ou le pharmacien pourrais vérifier les prescriptions qui ont été emis.

    par ghyslain | mardi 9 février 2010

  6. Merci pour votre site, vraiment intelligent et enfin un groupe qui propose quelque chose de constructif et non seulement de chialer pour chialer. En plus j’ai appris beaucoup, sur les mines et pharmaceutique.

    Bravo

    par Maxime | mercredi 10 février 2010

  7. vous voulez nous sauvez de l’argent , d’accord. voici une autre avenue , au lieu de faire la meme erreur avec le systeme de sante que celle que nous avons faite dans le systeme d’education investissons dans le temporaire pour faire passer le surplus de clients qu’occasionne le baby boom. louons des medecins cubains a $50000 us par annee comme le venuzuela ou permettons a ceux qui le veule d’aller se faire traiter dans les hopitaux 5 etoiles de la thailande. je crois qu’une etude de rentabilite a long terme s’impose.

    par tito lyn | samedi 13 février 2010

  8. Ce qui me trouble ici est que l’on déplace, non pas on déplace mais un lobby ORIENTE le débat. Ok les génériques nous (la société) de payer un prix plus raisonnable nos médicaments mais que vont faire les compagnies de génériques quand les compagnies tradionnelles n’auront plus de ressource pour faire du RD…

    En fait la question n’est pas là. Pourquoi le Québec est au 2ième rang en dépense par habitant ? Est-ce parce que les médicamenets traditionnelle coûte cher ? Est-ce que c,est parce que la population veilli ? Toutes ces réponses sont bonnes.

    Mais il y en a une autre: Est-ce que les médecins (spécialistes ou généralistes) ne sont pas vites sur le stylo pour prescrire ? Attention, je ne veux pas dire que les médicaments ne sont pas nécessaires mais avant de « pousser » les génériques peut être il faut faire le devoir de réduire ceux qui le peuvent.

    Vous avez remarquez que je parle des médecins qui prescrivent les médicament et non des patients qui en prennent trop. C’est voulu car un patient n’est presque pas en mesure d’être critique fasse à son médecin par manque de connaissance. Les médecins ont un devoir moral face à la population.

    Médecins je sais que vous être humains comme les autres et pas parfait, mais ce point est trop important et la chère de l’appât du gain est faible.

    par Hugo P | mercredi 24 février 2010

  9. Dans le même sens que Hugo P., vivement une nouvelle catégorie à votre site: usage mieux contrôlé des médicaments. On connait la dimension des compagnies pharmaceutiques, et leur capacité à jouer des coudes avec nos malheureux gouvernements. On entend des propos comme ceux du docteur Fernand Turcotte (récemment à « une pilule, une petite granule »), nous parlant d’usage massivement abusif de certains médicaments qui nous coûtent très cher. La FMSQ a-t-elle de courage de poser « les vraies questions »?

    Une anecdote, en passant. Il y a quelques années j’ai été malade en revenant d’Inde. Après quelques jours, je me présente à l’urgence. Après des heures d’attente, le docteur me voit pendant un grand total de 30 secondes. Dans les premières 10 secondes, il me dit que j’ai probablement une sorte de tourista, et de revenir dans une semaine. Dans les 20 secondes qui restent, il me propose des médicaments pour la repousse des cheveux… est-ce normal?

    par Max Windisch | mercredi 10 mars 2010

  10. C’est bien beau parler des coûts des médicaments génériques mais pour qu’une baisse de prix aie un véritable impact, faut les utiliser. Et plusieurs raisons font qu’au Québec, notre taux de substitution est inférieur: 1- Les médecins québécois sont abonnés aux mots NE PAS SUBSTITUER, donc à quoi bon baisser le prix si les MD ne les veulent pas?, 2- la prescription des médicaments ME-TO, qui ne sont que des décisions de marketing et qui sont validées par les MD, 3- la loi de 15 ans qui supportent les compagnies originales qui engrangent les profits. Quand le systême de santé du Québec rendra les médecins redevables de leur manière de prescrire, peut-être que nous verrons l’impact d’une baisse de prix des génériques. Mais quand on s’attaque au 10% de la facture des médicaments au Québec (part des RX génériques en $$) et que nous subissons les coûts faramineux des médicaments éthiques, on ne s’attaque pas aux bons problêmes!!

    par Martin | dimanche 21 mars 2010

  11. On tire dans tous les sens chez les médecins spécialistes. Il est paradoxal de décrier que l’expertise a un prix et de valoriser la copie des médicaments plutôt que la recherche de produit novateurs.

    Les compagnie pharmaceutiques qui investissent en recherche sont aux Québec. Celles qui se limitent à copier les médicaments sont surtout en Ontario. En favorisant l’achat des produits de ces dernières, on aide pas du tout les cerveaux à développer la richesse au Québec.

    L’expertise ne se limite pas à la pratique de la médecine. Les cerveaux, les vrais, sont ceux qui apportent de la connaissance, font avancer la société, apportent une plus valu. Les cerveaux au Québec ce sont les chercheurs, les Profs d’Universités, les gestionnaires innovateurs de l’industrie, les ingénieurs, … Quand on s’acharne, comme le font les médecins spécialistes, à quémander toujours d’avantage à l’état, sans réaliser l’incapacité de la société à supporter ces demandes, ont est pas un autre chose qu’un enfant gâté.

    Oui les médecins sont mieux payés aux USA et au Canada anglais. Mais les autres professions aussi. Un chercheur en pharmacologie, comme en physique ou un docteur en géologie c’est précieux, car il innove, il créé, il apporte quelque chose d’unique. Le médecin ne fera qu’appliquer la recette technique pour poser les bons diagnostics et traitements, … selon les lignes directrices (sic!).

    Le problème il est là… dans la perception de cette profession d’enfants gâtés. Ce ne sont pas des soit disant cerveaux créateurs de richesse… ce sont des techniciens experts, consommateurs de richesse.

    par Marc-André Bédard | dimanche 11 avril 2010

  12. @ Marc-André Bédard Rappelons que la FMSQ s’est prononcée en faveur du maintien de la règle des 15 ans, établie dans la Politique du médicament au Québec pour encourager et stimuler la recherche et le développement dans le domaine des médicaments d’origine. Cette règle a été mise en place pour développer un créneau d’excellence et d’expertise, attirer ici des chercheurs et des entreprises de calibre mondial qui permettent de positionner le Québec dans le peloton de tête de la recherche appliquée. À l’inverse, un médicament générique est une copie facile à produire, à faible coût, qui implique peu d’activités de recherche et de développement et peu d’investissements.

    par FMSQ | dimanche 11 avril 2010

Désolé, les commentaires sont fermés pour le moment.


 

You need to log in to vote

The blog owner requires users to be logged in to be able to vote for this post.

Alternatively, if you do not have an account yet you can create one here.

Powered by Vote It Up